1) Interpréter, c’est chercher le sens de quelque chose. Mais interpréter c’est faire entrer un jugement, et, donc, une subjectivité. Les objets que nous connaissons parfaitement nous épargnent d’avoir à les interpréter. Les mathématiques ne s’interprètent pas. Nous n’interprétons donc que lorsque nous ne connaissons pas.
2) Aucun pan de la connaissance n’échappe réellement à l’interprétation. Nous ne pouvons pas ne pas juger. Donc, nous ne pouvons pas ne pas interpréter. Les études scientifiques elles-mêmes ne sont pas que des successions de faits ou de chiffres. Elles doivent aboutir, à un moment donné, à une interprétation.
3) Nous pourrions même nous rappeler d’un autre sens du mot interpréter : celui qu’il prend lorsque, dans un spectacle, nous devons interpréter une pièce, un morceau de musique. Même dans les sciences on peut dire que la manière dont on mène les calculs donne à voir une certaine interprétation du réel et de la science. Nous faisons avancer, en acte, des calculs, une théorie. De bout en bout, la science elle-même, comme toute activité humaine est recherche d’un sens et recréation d’une connaissance.